Baux commerciaux17 septembre 20264 min
J'ai reçu un commandement de payer visant la clause résolutoire
C'est le délai le plus court et le moins rattrapable du bail commercial. Un mois à compter de la signification, et pas un jour de plus.
Un commissaire de justice vous a remis un acte intitulé « commandement de payer visant la clause résolutoire ». Ce n'est pas une relance, ce n'est pas une lettre d'avocat : c'est l'acte qui déclenche le compte à rebours de la résiliation de votre bail.
L'article L. 145-41 du Code de commerce impose que cet acte mentionne un délai d'un mois. Passé ce délai, si les sommes visées n'ont pas été réglées, le bailleur peut faire constater en justice que la clause résolutoire a joué. Le bail est alors résilié de plein droit, et la demande d'expulsion suit.
Ce qui se joue vraiment pendant ce mois
L'erreur la plus fréquente est d'attendre : d'espérer un arrangement, de compter sur une rentrée d'argent, de se dire qu'on appellera le bailleur la semaine prochaine. Le mois passe vite, et une fois la clause acquise, la marge de manœuvre se réduit brutalement.
Trois choses se vérifient dès la réception de l'acte, et elles se vérifient ensemble, pas l'une après l'autre.
- Les sommes réclamées sont-elles réellement dues ? Un commandement chiffre parfois des charges non justifiées, des indexations mal appliquées ou des travaux qui n'incombent pas au locataire.
- L'acte est-il régulier ? Le commandement doit viser expressément la clause résolutoire du bail et reproduire la mention du délai d'un mois. Un acte irrégulier ne produit pas son effet.
- Le bail contient-il bien une clause résolutoire ? Sans elle, la résiliation suppose une décision du juge, ce qui change complètement le rapport de forces.
Payer, contester, ou demander des délais
Si les sommes sont dues et que vous pouvez les régler, la régularisation dans le mois éteint le commandement. C'est la voie la plus simple, et souvent la moins coûteuse.
Si vous ne pouvez pas payer d'un coup, le juge peut accorder des délais de paiement et suspendre les effets de la clause résolutoire pendant ces délais. Encore faut-il le saisir, et le saisir à temps : une demande présentée après l'acquisition de la clause n'a pas la même portée qu'une demande présentée avant.
Si les sommes sont contestables, ou si l'acte est irrégulier, la discussion se déplace sur le terrain de la validité du commandement lui-même.
Chaque situation est différente et ces éléments ne valent pas consultation : c'est le bail, l'acte et les pièces de votre dossier qui décident.
Yasminatou Lassissi, avocate au barreau de Paris. Cet article donne un cadre général et ne remplace pas l'examen de votre dossier : aucune situation n'est identique à une autre, et aucun résultat ne peut être garanti.